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TERRES HINDOUES : VOYAGES RÉELS et IMAGINAIRES depuis 2003.

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BENARES (poeme)
Publié dans B7. BENARES (poeme)

 

NARÈS

(poème)




 

Le Gange en sa courbure
aspire à l'océan
entraîne les cendres des brûlés
les cadavres entre deux eaux
son voyage n'a pas de fin



Sur une plateforme, trois hommes
marquent de trois traits blancs
leur front et leur corps
ô Shiva - et méditent
entre terre, ciel et eau


Des Charons pour touristes
- que le désoeuvrement menace -
réclament plus qu'une obole
pour les embarquer à l'aube
dans des rêves de camescope



Une femme laisse flotter son sari
bleu dans le vent
ainsi vole mon esprit
dans le plein vent de ses nuits blanches
au-dessus de Bénarès



Où trouverais-je le noeud gordien
le talisman de la vie et de la mort
sinon en une marche inspirée
accomplie comme l'Écriture
au bord des ghats de Bénarès ?


Lionel Bonhouvrier.



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Publié à 21:25, le 27/08/2009 dans B7. BENARES (poeme), Vârânasî
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A nos COUSINS de BENARES

 

À nos COUSINS

de BÉNARÈS

(poème)






Une bande de chiens se jette

sur un paumé venu d'ailleurs

 
 
Tous ces chiens abîmés,
une patte en vrille
ou traînant l'arrière train
témoignent de combats sans pitié

 
 
Dans un kiosque, chèvres et chevrettes
plient les genoux, se glissent
sous le banc à l'ombre
laissent filer les heures chaudes

 
 
Souvent, je croise une vache
immobile, perplexe
dans ses calculs
de trigonométrie...
ou bien les cornes de cosinus
d'un taureau anthracite

 
 
De branches en toits, les singes
préfèrent les hauteurs.
Bruit sourd, face à face
avec un gros singe...
mais une branche le tire d'embarras


Lionel Bonhouvrier.



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Publié à 05:24, le 26/08/2009 dans B6. A nos COUSINS de BENARES, Vârânasî
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COUP de POMPE a VARANASI (25.08.2009)


COUP de POMPE

à VARANASI





Cela devait arriver.
Après une promenade matinale de 5h30 à 10h, le long des ghats, je me rue au Mahur Milan Cafe.
Assoiffé et affamé, je récupère un peu.
C'est le moment d'internet. Une heure de travail sur les blogs.
Mais je ne peux faire plus.


Je rentre dans l'intention de laver du linge et de prendre une douche.
Tout juste la force de m'allonger sur mon lit...
Quelqu'un frappe-t-il à ma porte ?
Il me semble.
Je me tire péniblement du lit, ouvre.


C'est ma voisine, une étudiante japonaise.
Elle souhaite que je corrige l'anglais d'un questionnaire de plusieurs pages.
Je la fais entrer et s'asseoir sur le lit.
Voyons... C'est un questionnaire sur la contraception.
Mais je suis incapable de me concentrer...
Je lui demande de repasser dans la soirée. Je dormais...


Cette charmante ne m'a laissé dormir que quarante minutes.
Mon corps en veut encore.
Je sombre de nouveau dans le sommeil jusque vers 15h.
Serai-je malade ?
Mon état est inhabituel.
Je n'ai plus aucune énergie, j'ai du mal à tenir debout...


Effort de volonté pour laver mon linge et prendre une douche.
Ensuite, je suis épuisé.
Je m'allonge, mais je ne supporte pas le ventilateur.
Je tremble de froid. 
Moi qui adore les ventilateurs, c'est un comble !


J'éteins le ventilateur... le silence me soulage immédiatement...
Mais je dégouline de sueur en moins de deux minutes...
Comment me rendormir ?
Je rallume vite le ventilateur, trouve la bonne formule.


C'est enfantin.
Me fourrer à l'intérieur de mon sac à viande, pour avoir moins froid.
Et laisser la lumière allumée.
Je ne sais pourquoi, mais cela marche.
Je me rendors jusqu'à 18h.
Le coup de pompe était conséquent.


Lionel Bonhouvrier.



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Publié à 05:22, le 25/08/2009 dans B5. COUP de POMPE a VARANASI, Vârânasî
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AARTI a VARANASI
Publié dans B4. AARTI a VARANASI


AARTI à VARANASI




Cette cérémonie dédiée à la Lumière, en l'honneur du Gange, de Shiva et de Krishna, se déroule à l'aube et au crépuscule sur le ghat principal.
Au crépuscule, elle est plus spectaculaire car sept déservants exercent ensemble.


A Varanasi, elle est comparable aux autres Aarti , auxquelles j'ai assisté.
Récemment au Népal, à Pashupatinath, surnommée la Bénarès népalaise (voir mon article dans le blog "népalaise" : "PASHUPATINATH et la LUMIÈRE").
Ou au cours de précédents voyages, comme à Rishikesh.


La nuit venue, la prière au Gange commence par une introduction musicale.
Deux musiciens, aux tablas et à l'harmonium, suffisent.
Le chanteur tient l'harmonium, fait office de récitant, mène le concert.


De hauts lampadaires éclairent la scène.
Les sept déservants se rassemblent au centre.
Donnant le rythme, ils frappent des mains en chantant et les fidèles suivent.
Soudain, le rythme s'accélère, chants et claquements de mains se précipitent.
L'orgasme psychique collectif décide de la fin du prélude.
La cérémonie est lancée.


Chaque déservant rejoint son autel, debout face au Gange.
Ils s'agenouillent, font une courte prière.
Ensuite c'est un appel plaintif : ils soufflent ensemble dans une conque marine...
Le son rauque, appel vers l'invisible, m'émeut souvent.



Au cours de la cérémonie, ils présentent au fleuve une série d'objets, qu'ils agitent avec une lenteur appropriée.
Entre autres, ce sont un éventail, un encensoir, un flambeau à tête de cobra, un chandelier allumé, un chasse mouches touffu...



Pour que chacun puisse les voir, ils pivotent d'un quart de tour.
Gardant la pose quelques dizaines de secondes, ils pivotent de nouveau.
Les flash crépitent dans la nuit.
Ils reprennent leur position face au Gange.
Comme photographes, les Indiens concurrencent les Occidentaux, veulent un souvenir de cette aarti.


Aucune ferveur de la part des fidèles à Varanasi sur le ghat principal.
C'est plus impersonnel qu'à Pashupatinath, au Népal.
Sur les rive de la Bagmati, des groupes de fidèles participent bruyamment, rivalisent de "Jay !"...
Rien de tel à Varanasi.


A ma dernière aarti, des invités d'honneur ont réservé une estrade centrale.
Ils arrivent quelques minutes avant le début.
Des femmes et des hommes au visage inexpressif, obèses comme de paisibles hippopotames...
Leur installation malhabile vaut le coup d'oeil...
Bien sûr, ils repartent dix minutes avant la fin, le visage blasé, à pas lents et lourds...
Vers une soirée passionnante, assurément.

 

Lionel Bonhouvrier.



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Publié à 05:21, le 24/08/2009 dans B4. AARTI a VARANASI, Vârânasî
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Sur les GHATS de VARANASI (2)

 

Sur les GHATS
de
VARANASI (II)





Au fil des jours, mes contacts sur les ghats de Varanasi deviennent excellents. 
Y revenir chaque jour devient un besoin. 
Je n'y rencontre plus de Madame Moralisatrice...
Certains racoleurs me reconnaissent et me laissent tranquille.


Quand le soleil est encore jeune, voir les gens au bord de l'eau est magique.
Chacun a une bonne raison d'être là.
Deux ou trois garcons dorment encore dans leur barque.
Les vendeuses de fleurs et d'offrandes gagnent leur vie.


Certains rendent hommage au Gange, isolés dans leur prière.
Le corps en partie immergé dans l'eau, ils se plantent debout, êtres humains face aux Dieux.
Remplissant un récipient d'eau sacrée, ils offrent une libation au Gange,.
L'eau retourne à l'eau, en un jet bref et éternel.


Des fidèles s'aident dans l'accomplissement des rites.
Une femme passe à sa compagne des feuilles, une à une, que celle-ci pose sur sa tête. Elle se verse un peu d'eau par-dessus et le cycle recommence.
On se prête des crayons de maquillage.
On marque le front de sa voisine d'un bindu.


Beaucoup de gens lavent leur linge.
Ou se savonnent copieusement, se shampouinent, bondissent dans l'eau pour se rincer.
On discute avec animation, le plus souvent entre femmes.
On se raconte de bonnes histoires.


Pour me surprendre, une jeune fille bondit devant moi dans l'eau.
Sa joie à recommencer me plaît, comme son espièglerie. Nous sympathisons.
Je la photographie plusieurs fois en plein bond.
Cela déclenche la jalousie d'une fillette vendeuse de fleurs, qui tente d'empêcher la baigneuse de poursuivre ses cabrioles...


Sur la plateforme où je suis assis depuis une heure, quatre hommes s'installent.
Lentement, ils marquent de trois traits horizontaux leur front, leurs épaules, leur torse.
Ces adorateurs de Shiva égrennent un chapelet.
Yeux fermés, leurs lèvres remuent sur des paroles intérieures.
Par discrétion, je ne prends qu'une seule photo de deux d'entre eux.
Quand ils ont fini leurs prières, nous sympathisons.
Ils regardent volontiers quelques photos des gens environnants.


Un groupe de femmes arrive, avant leur départ.
Comme les hommes, elles tracent les trois traits blancs sur leur front, se préparent pour leurs prières envers Shiva.
J'hésite davantage, s'il est possible, à les photographier.


J'aime voir un homme faire sécher son longhi dans le vent.
Ou une femme faire flotter un sari bleu, orange ou jaune, comme une voile partant vers le grand large.

Hommage à la beauté éphémère des gestes.
J'y vois aussi une installation artistique éphémère, une captation poétique de l'espace.


Lionel Bonhouvrier.



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Publié à 05:20, le 23/08/2009 dans B3. GHATS de VARANASI (2), Vârânasî
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Sur les GHATS de VARANASI (1)
 

Sur les GHATS
de

VARANASI (I)




Une sensation de liberté vous emporte sur les ghats de Varanasi. 
Le Gange s'étend dans les grandes largeurs en une vaste courbure. 
A l'orient, la rive opposée est curieusement restée sauvage.
Cela surprend, vu des ghats de la rive occidentale, où l'on utilise la moindre parcelle de terrain pour les temples, les embarcadères ou autres plateformes.


Pourtant, ma première demie journée est un bizutage féroce.
Aux approches du ghat principal, le harcèlement devient massif, tous azimuts.
Douze conducteurs veulent me transbahuter dans leur rickshaw...
Ensuite, sur le ghat, les "Hello ! Boat, sir ?" prennent le relai.
Quinze marins d'eau douce veulent m'embarquer dans leur raffiot pour touristes. Cela rapporte beaucoup plus que la pêche, et c'est moins fatiguant.

Le racolage a d'autres causes.
On me propose un rasage ("Shaving ! Shaving !"), un massage, une chambre dans un hôtel paradisiaque...
Une poignée de mendiants me prend en remorque dans le filet de leurs espoirs...
Bienvenue à Bénarès !


Je fuis vers le nord le long du Gange, où la densité des parasites diminue.
Peine perdue.
Deux sadhus très photogéniques cherchent lourdement le contact.
L'un me répète dix fois :"Good morning !"
Espérant une suite très rentable à cette superbe accroche.
Mais la suite ne vient pas. Le regardant dans les yeux, j'ai oublié le don de la parole...
Mon ascète du dimanche, déconcerté, me laisse errer en silence.


Au Manikarnika ghat, on brûle les cadavres sur des bûchers de crémation.
Un garçon se rue sur moi, aboie des ordres en séries : interdit de photographier ! ... Je dois le prendre pour guide ! ... Je ne peux rester ici ! ... Je dois bouger !...
 

Patiemment, je m'arrête.
Commande d'un thé à une échoppe à deux pas.
Assis, j'espère savourer ce thé, malgré les odeurs...
Mais le garçon me tourne autour, continue à me pomper l'air !


Je prends alors quatre photos pour illustrer un article sur les besoins en bois de Bénarès.
Le garçon s'énerve, menace d'appeler sa famille par téléphone...
Cette fois, je craque.
-"You are a stupid boy ! Go away ! Now !"
Qu'il appelle la terre entière, peu m'importe !


Le garçon se calme d'un coup. Il quitte rapidement les lieux.
Je me rassieds pour boire mon thé, en cette paix retrouvée.
Douce illusion !
Cela dure une minute, à peine...


Une étrangère d'origine indienne surgit de nulle part.
Elle me reproche d'avoir fait des photos !
Sans doute Étatsunienne, ou Canadienne anglophone...
Son origine indienne l'autorise, croit-elle, à me faire la morale.
J'explique que j'ai photographié le stock de bois, pour un texte que je veux écrire.
Je ne photographie pas un bûcher de crémation. Le garçon s'est énervé pour rien. Quel mal y-a-t-il à photographier du bois ? Je n'ai manqué de respect à personne.


-"But you insult him ! You said Stupid boy !"
-"Il l'a bien mérité ! Je n'aime pas que l'on m'agresse avec des ordres. Surtout sur ce ton d'adjudant-chef. Suis-je un chien ? Et se prend-il pour un policier ?"
-"Because you respect and understand only if it is a policeman ?"
Cette femme continue à moraliser : je dois demander la permission aux familles, etc.


Une enseignante, j'en suis persuadé.
Qui me prend pour un de ses élèves.
La tête farcie d'idées politiquement correctes. Sans l'ombre d'une idée personnelle...
Elle continue son préchi-précha, un ron-ron bien rodé.
Quel ennui...
 

J'ai envie de vérifier mes hypothèses... par des questions ciblées.
Sans doute est-ce mon sourire qui me trahit.
Cela l'alerte. Elle s'arrête net.
Et file à l'anglaise prêcher ailleurs sa morale à dix sous.


Je retrouve la solitude.
Un luxe en ce coin de corporatisme exacerbé.
La flambée des cadavres rend paranoïaque.
Mon thé terminé, l'appareil photo au fond du sac, je contourne les bûchers de crémation par l'intérieur.
Les odeurs augmentent autour du Manikarnika ghat...


Je m'assieds dans un kiosque un peu plus loin.
En compagnie de chiens et de chèvres, fourrés sous les sièges. 
Trois vaches déambulent à deux pas, mais à l'extérieur...
Un sadhu shivaïte noir entre et s'assied. 
Consciencieusement, il se barbouille le corps de cendres grises. 
Enfin un ascète qui n'est pas d'opérette, chasseur de touristes.


Le kiosque est bien situé, entre deux bûchers de crémation.
C'est un excellent poste d'observation sur les quais et le Gange.
Des barques croulant sous les troncs d'arbres sont déchargées sur le quai. 
Chaque homme porte un tronc sur sa tête.
Partout, le bois est stocké en gros tas.
Dans l'autre sens, on entasse sur le quai la cendre des bûchers.


Soudain, j'entends une phrase chantée en choeur.
En contrebas, on porte un cadavre sur un brancard, avec une vingtaine de personnes comme escorte.
Le corps est à moitié immergé dans le Gange.
On le recouvre de tissus rouge et doré, de guirlandes.
Il est déposé plus haut sur le quai.


Des chants annoncent un second cortège.
Le corps est maintenu beaucoup plus longtemps dans l'eau. 
De l'encens est brûlée.
Le cadavre est recouvert d'une pellicule dorée, mince comme une couverture de survie.


Autour du premier corps, les photos familiales de groupe se succèdent.
Encore une photo pour se souvenir des porteurs du brancard.
Onze hommes se serrent difficilement...
Ensuite le cortège s'ébranle vers un bûcher de crémation.
Bêlement d'une chevrette comme accompagnement.

Une cloche sonne un coup.
Une autre cloche lui répond, dix secondes plus tard.


Comme bruit de fond, les masses des ouvriers frappent des coins, qui fracturent troncs et souches.
Odeurs d'encens, par bouffées.
De temps en temps, de la suie se dépose sur mes vêtements, sur ma montre...



Lionel Bonhouvrier.



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Publié à 09:18, le 22/08/2009 dans B2. GHATS de VARANASI (1), Vârânasî
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Le GANGE a VARANASI (21.08.2009)


Le GANGE à VARANASI




 

J'ai vu le Gange en maints lieux.

A Gaumukh, sous la forme d'un glacier, puis d'un torrent agité...

A Gangotri, il roule et polit les rochers avec une force impressionnante.

A Uttarkashi, le torrent est devenu rivière et les ponts s'allongent.

A Rishikesh, un pont suspendu, du côté de Laxman Jhula, semble sortir de la jungle...
La haute montagne du Garwal n'est plus qu'un souvenir.

A Haridwar, le Gange s'élargit encore.
Son débit devient considérable, comme sa force.
 
Les baigneurs doivent s'accrocher à des chaînes pour ne pas être emportés par la violence du courant.



Le Gange à Varanasi est un fleuve épris d'espace, qui roule et respire, avec ses plages de sable, un parfum de la mer.
Sur sa rive urbanisée, je goûte avec bonheur un appel d'air, une sensation d'espace, de liberté.


Le fleuve est très large, s'étend démesurément.
Un seul pont au nord brise ce vaste espace.

Par dessus, la voûte du ciel coiffe le fleuve, immense et sereine.
En face, la rive occidentale est sablonneuse, sans aucune habitation en face du ghat principal.
Entre les plages de sable et le ciel, la nature semble vierge de toute trace humaine.



Je savoure en silence la beauté naturelle du Gange, sur cette rive orientale, pourtant surpeuplée.
Un vent léger stimule cette sensation de bien-être.
Mes pensées en sont bénites.
En l'honneur du Saint Esprit, j'invente une prière - au gré du vent, de l'écoulement de l'eau et du temps - une prière vers la source, au-delà de l'Himalaya.



Lionel Bonhouvrier.

 



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Publié à 08:16, le 21/08/2009 dans B1. LE GANGE a VARANASI, Vârânasî
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MENDICITE un des BAS ARTS (13.08.2009)

 

MENDICITÉ,
un des
BAS ARTS

 

 
 
Qui n'a pas tenté de me taper en Inde ?
De roupies, d'une montre, de sandales, que sais-je encore ?
Dans les rues, une foule de mendiants m'impressionne davantage que les foules indiennes !
 
 
En 2007, je voyage au Ladakh. Les mendiants y sont peu nombreux.
Je ne suis plus harcelé sans cesse comme ailleurs en Inde.
Et je m'aperçois que les mendiants ne sont pas Ladakhis, mais des immigrés hindous.

 
Pourquoi cette différence de comportement ?
Les Ladakhis bouddhistes ne mendient guère. Seraient-ils trop fiers pour cela ?
En revanche, les Indiens hindouistes exercent sans complexe la mendicité.
Et ils y poussent leurs enfants !
 
 
En 2008, je voyage un mois au Penjab. Je n'y vois aucun Sikh mendier.
Leur état d'esprit s'y oppose. Les Sikhs valorisent le travail, pour soi et pour la communauté.
Acquérir des biens prouve la faveur divine.
On ne mendie donc pas au Penjab, l'Etat des Sikhs, le plus riche de toute l'Union indienne.

 
Ce voyage 2009, au Népal et en Inde du nord, confirme mes découvertes.
Le Népal n'est pas l'Inde, mais la majorité des Népalais sont hindouistes.
Pour comprendre la mendicité, le critère décisif n'est pas la nationalité, c'est la religion.


Qui n'a pas tenté de me taper ?
Un Hindou, au Népal ou en Inde, a la mendicité dans le sang.
Les parents apprennent à leurs enfants à mendier dès leurs premiers pas.
Drôles de premiers pas dans la vie...


À Pashupatinath, je photographie des enfants sur les ghats. Mais une mère, qui lave du linge, intervient :"Money ! Money !"
De l'argent, sinon pas de photo !
Le message éducatif est limpide : les enfants doivent rapporter au plus vite de l'argent aux parents.


Des bandes d'enfants mendiants s'organisent.
Durbar Square à Bhaktapur, quatre enfants en uniforme, au sortir de l'école, me chantent leur refrain préféré : "Roupies ! Roupies !"
En ce cas, je place une grande tirade sur les bienfaits de l'école, sur l'importance d'y travailler pour réussir dans la vie.


Quels que soient leur âge ou leurs compétences, des guides improvisés proposent leurs "services". Une mendicité déguisée, assez souvent.
A Bodhnath, une jeune femme portant un bébé me réclame du lait...
C'est à moi à le lui payer... S'est-elle jamais décidé à travailler ?
Et le bébé n'est pas forcément le sien.
 


A Bodhnath toujours, un jeune homme exhibe dans la rue son bras atrophié.
Source de revenus assurés, semble-t-il.
 
 
J'imagine très bien un Hindou attendant dans la rue.
Il attend un ami, ou bien que la pluie se calme. Ou que s'ouvre une administration.
Alors il se met à mendier.
Pour passer le temps...
Et puis on ne sait jamais, il prie régulierement Laxmi et Ganesh.
La Fortune peut déverser sa corne d'abondances sur le demandeur !

 

 

Lionel Bonhouvrier.



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Publié à 08:56, le 13/08/2009 dans A. MENDICITE un des BAS ARTS, Vârânasî
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